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J’ai des pensées intrusives qui me font honte : peut-on en parler en thérapie ?

Une pensée intrusive horrible peut surgir sans prévenir : une image violente, une pensée sexuelle, un doute qui vous paraît inavouable, une idée immorale ou une impulsion qui vous choque.

Vous pouvez alors vous demander pourquoi cette pensée vous a traversé l’esprit et ce qu’elle pourrait révéler sur vous.

À cette inquiétude peut s’ajouter une autre peur : que va penser le thérapeute si je lui raconte cela ?

Vous pouvez craindre qu’il vous juge, qu’il interprète la pensée au premier degré ou qu’il change de regard sur vous. Cette honte conduit parfois à rester vague, à minimiser ce que vous vivez ou à repousser une demande d’aide.

Parler de ses pensées intrusives dans le TOC

Pourquoi certaines pensées provoquent-elles autant de honte ?

Certaines pensées semblent tellement éloignées de vos valeurs qu’il devient difficile d’accepter qu’elles aient pu traverser votre esprit.

Vous pouvez vous demander :

  • « Pourquoi ai-je pensé quelque chose d’aussi horrible ? »
  • « Est-ce que cette pensée dit quelque chose sur moi ? »
  • « Et si elle révélait une intention cachée ? »
  • « Et si quelqu’un croyait que je souhaite réellement ce que j’ai pensé ? »

La honte ne vient donc pas seulement du contenu de la pensée. Elle vient aussi de ce que vous craignez qu’elle signifie sur vous.

Vous pouvez alors analyser vos réactions, revenir mentalement sur certaines situations ou chercher une preuve censée vous rassurer définitivement.

Mais plus vous essayez d’obtenir une certitude complète, plus le doute peut revenir sous une nouvelle forme.

La peur que le thérapeute vous juge

Parler de pensées intrusives peut être difficile lorsque vous craignez que le thérapeute les entende comme un aveu, un désir ou une intention.

Vous pouvez chercher les mots les moins inquiétants possible, supprimer certains détails ou observer attentivement sa réaction pendant que vous parlez.

Un silence, une question ou un changement d’expression peut alors être interprété comme la preuve qu’il est choqué ou qu’il vous considère différemment.

Dans un accompagnement centré sur le TOC, une pensée n’est pas examinée comme une phrase isolée.

Le thérapeute cherche aussi à comprendre :

  • la manière dont la pensée apparaît ;
  • la souffrance qui l’accompagne ;
  • la place qu’elle prend dans votre quotidien ;
  • ce que vous évitez à cause d’elle ;
  • ce que vous faites pour essayer de comprendre ou de vous rassurer.

L’objectif n’est pas de déterminer quel type de personne vous êtes à partir du contenu le plus dérangeant qui vous a traversé l’esprit.

Comment commencer à parler de pensées qui vous font honte ?

Vous n’avez pas besoin de trouver immédiatement les mots parfaits ni de raconter tous les détails dès le début.

Vous pouvez simplement dire :

  • « J’ai des pensées qui me paraissent horribles et j’ai peur de votre réaction. »
  • « J’ai honte de ce qui me traverse l’esprit. »
  • « J’ai peur que vous interprétiez mal ce que je vais vous raconter. »
  • « Certaines images reviennent, mais je n’arrive pas encore à expliquer leur contenu. »

Dire que vous avez peur d’en parler constitue déjà une information importante.

Vous pouvez également commencer par décrire les conséquences de ces pensées : les situations que vous évitez, le temps passé à les analyser ou les vérifications que vous effectuez pour tenter de vous rassurer.

Le contenu pourra être abordé progressivement. Il ne s’agit pas de vous forcer brutalement à tout raconter, mais de ne pas laisser la honte empêcher durablement le travail thérapeutique.

Que peut apporter la thérapie ?

Le travail ne consiste pas à analyser indéfiniment la signification de chaque pensée ni à vous apporter une certitude définitive sur ce qu’elle dit de vous.

Il vise notamment à repérer le mécanisme qui s’active autour de la pensée : analyses mentales, surveillance de vos émotions, évitements ou recherches de réassurance.

Ces rituels et comportements compulsifs peuvent apporter un soulagement momentané. Mais ce soulagement renforce le fonctionnement du TOC : le cerveau apprend que le rituel est nécessaire pour faire diminuer l’anxiété et le réclame de nouveau lorsque le mécanisme se réactive.

Le travail thérapeutique consiste donc à modifier progressivement ces rituels qui entretiennent le trouble, afin que le cerveau apprenne qu’il peut s’apaiser sans eux et que les pensées prennent moins de place dans votre vie.

FAQ

Pourquoi ai-je une pensée intrusive horrible alors qu’elle me dégoûte ?

Une pensée peut surgir sans avoir été volontairement recherchée. Dans le TOC, la difficulté vient notamment de l’importance qui lui est accordée et du besoin de comprendre avec certitude ce qu’elle signifie.

Un thérapeute peut-il me juger à cause de mes pensées intrusives ?

Un accompagnement du TOC ne consiste pas à tirer une conclusion sur votre personnalité à partir d’une pensée isolée. Le thérapeute replace la pensée dans son contexte et cherche à comprendre la souffrance ainsi que les réactions qu’elle provoque. Vous pouvez aussi dire directement que vous avez peur d’être jugé.

Dois-je raconter précisément le contenu de mes pensées ?

Pas nécessairement dès le premier contact. Vous pouvez commencer par expliquer que certaines pensées vous font honte et qu’il vous est difficile de les formuler. Il pourra ensuite être utile de les aborder progressivement afin que l’évitement ne limite pas durablement le travail.

Parler de votre peur d’en parler peut être un premier pas

Vous n’avez pas besoin de comprendre parfaitement vos pensées ni de savoir exactement comment les présenter avant de demander de l’aide.

Vous pouvez commencer par dire qu’elles vous paraissent horribles, qu’elles vous font honte et que vous avez peur d’être mal compris.

Je propose un accompagnement en visioconférence pour les adultes souffrant de TOC et de pensées intrusives.

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