Après une soirée entre amis, un trajet en voiture ou une conversation avec quelqu’un, des questions peuvent revenir de manière récurrente et systématique à votre esprit : « Et si j’avais fait quelque chose de grave sans m’en rendre compte ? » « Et si j’avais fait quelque chose de répréhensible ? » Ces pensées peuvent provoquer de l’angoisse, de l’anxiété, de la peur, mais aussi de la culpabilité ou de la honte.
Pour vous rassurer, et c’est totalement humain, vous allez alors vous repasser la scène dans votre tête : le trajet que vous venez de faire, la soirée passée avec vos amis, la conversation que vous avez eue. Vous essayez de vous souvenir précisément de ce que vous avez dit, fait ou ressenti. Vous cherchez un détail, une image, une sensation qui pourrait vous confirmer que rien de grave ne s’est passé. Mais une réponse en appelle souvent une autre et, de fil en aiguille, le doute continue à grandir : « Oui, mais si j’avais oublié quelque chose ? »
Quand le doute concerne ce qui s’est déjà passé
Dans certains TOC, le doute ne concerne pas seulement ce qui pourrait arriver. Il peut porter sur un événement qui a déjà eu lieu.
La peur devient alors celle d’avoir fait ou dit quelque chose de grave contre son gré, sans s’en être rendu compte ou sans en garder de souvenir clair : avoir insulté quelqu’un, provoqué un accident, eu un comportement déplacé ou commis un acte répréhensible.
Il ne s’agit donc pas simplement d’avoir oublié un détail. Après tout, qui se souvient exactement de ce qu’il a mangé trois jours plus tôt ou de chaque phrase prononcée lors d’une conversation ?
Dans le TOC, ce qui devient problématique est le besoin de savoir avec certitude que rien de grave ne s’est produit. Et lorsque cette certitude n’est pas obtenue, le doute pousse à chercher davantage.
On retrouve ici un mécanisme fréquent du doute obsessionnel : la réponse obtenue ne suffit jamais tout à fait, car une nouvelle possibilité peut toujours apparaître.
Pourquoi les vérifications entretiennent-elles le doute ?
Lorsque l’on a peur d’avoir fait quelque chose de grave, vérifier paraît logique.
Vous pouvez chercher à reconstruire le déroulement exact d’une soirée, relire vos messages, examiner certains détails, refaire mentalement un trajet ou demander à une personne présente ce dont elle se souvient.
Sur le moment, cela peut rassurer.
Mais dans le TOC, ce soulagement tient rarement longtemps. Une nouvelle question finit par apparaître : « Et si j’avais oublié un moment ? », « Et si je m’étais trompé dans mon raisonnement ? », « Et si cette personne n’avait pas tout vu ? »
Les recherches menées sur le TOC montrent d’ailleurs que les vérifications répétées peuvent progressivement diminuer la confiance accordée à sa propre mémoire. Plus la personne cherche à vérifier pour être certaine, plus elle risque finalement de remettre en question ce dont elle se souvenait au départ.
Le problème n’est donc pas que la réponse n’existe jamais. C’est que, dans cette recherche de certitude, chaque réponse peut à son tour devenir l’objet d’un nouveau doute.
Faut-il parler de « faux souvenir » ?
On rencontre parfois sur Internet l’expression « TOC du faux souvenir ». Elle ne correspond pourtant pas à une forme de TOC reconnue comme un diagnostic à part entière.
Cette expression est généralement utilisée pour parler de situations dans lesquelles une personne finit par douter fortement de ce qu’elle a réellement fait ou vécu.
Mais parler de « faux souvenir » peut être trompeur. Le mécanisme central n’est pas nécessairement la création d’un souvenir qui n’existe pas. C’est surtout le doute qui s’installe autour d’un événement passé et la recherche répétée d’une certitude.
Se repasser sans cesse une scène, analyser ce que l’on a ressenti, comparer plusieurs versions ou tenter de retrouver un élément rassurant peuvent alors devenir de véritables rituels mentaux.
Comment sortir de cette boucle ?
En TCC, l’objectif n’est pas de mener une enquête pour déterminer avec une certitude absolue ce qui s’est passé. Cela risquerait au contraire d’alimenter encore la recherche de preuves et de réassurance.
Le travail consiste notamment à repérer les réponses mises en place face au doute : vérifier, reconstruire la scène, analyser ses sensations, chercher des indices ou demander confirmation à son entourage.
Il devient ensuite possible de réduire progressivement ces vérifications et d’apprendre à tolérer qu’une part d’incertitude puisse rester présente.
Avec l’ACT, le travail va également porter sur la capacité à laisser le doute et les émotions associées être présents, sans chercher immédiatement à les faire disparaître, puis à continuer à agir dans la direction de ce qui compte pour soi.
Quand demander de l’aide ?
Si ces doutes reviennent régulièrement, prennent beaucoup de temps, provoquent une forte anxiété ou vous amènent à vérifier, analyser ou demander fréquemment confirmation à votre entourage, il peut être utile d’en parler à un professionnel.
Un accompagnement adapté peut vous aider à mieux comprendre ce qui entretient cette boucle et à apprendre progressivement à y répondre autrement. Je propose un premier échange gratuit de 20 minutes pour faire le point sur votre situation, répondre à vos premières questions et voir si mon accompagnement peut vous convenir.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l’article Quand consulter pour un TOC ?, ainsi que les pages consacrées aux troubles anxieux et à mon accompagnement TCC en ligne.
