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TOC et scrupulosité morale : pourquoi ai-je peur d’être une mauvaise personne ?

Vous avez peut-être déjà repensé pendant des heures à une conversation que vous avez eue avec un membre de votre entourage ou un collègue parce que vous craignez d’avoir été blessant. Vous vous demandez souvent si vous avez été totalement honnête avec votre conjoint sur tel ou tel sujet, si vous avez suffisamment apporté votre aide à quelqu’un, si une pensée négative qui vous traverse l’esprit ne fait pas de vous une personne égoïste ou si une erreur commise il y a plusieurs années ne dit pas quelque chose de votre véritable personnalité.

Et même lorsque vous trouvez une réponse rassurante, le soulagement ne dure pas toujours.

Une nouvelle question apparaît : « Oui, mais est-ce que j’en suis vraiment sûr ? », « Et si j’essayais simplement de me trouver des excuses ? », « Après tout, une bonne personne n’aurait pas eu cette pensée ? »

On parle alors souvent de scrupulosité morale. Ce terme décrit une thématique possible du TOC, mais il ne correspond pas à un diagnostic distinct ou à un sous-type officiel.

Quand le doute porte sur la personne que vous êtes

Dans la scrupulosité morale, la question n’est pas seulement : « Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? »

Elle peut rapidement devenir : « Qu’est-ce que cela dit de moi ? »

Vous avez répondu sèchement à quelqu’un et vous vous demandez si vous êtes profondément méchant. Le fait d’avoir remarqué qu’une autre personne était attirante peut ensuite vous faire craindre d’être déloyal envers votre partenaire. Et si vous n’avez pas donné d’argent à quelqu’un qui vous sollicitait, vous pouvez vous demander si cela fait de vous quelqu’un d’égoïste.

Des situations ordinaires prennent alors une importance considérable parce qu’elles semblent pouvoir apporter une réponse à une question beaucoup plus large : « Suis-je réellement une bonne personne ? »

Le problème n’est donc pas d’avoir des valeurs morales ou de vouloir agir correctement. C’est plutôt le besoin de ne jamais avoir de doute sur sa propre moralité.

Des règles morales qui deviennent de plus en plus strictes

Lorsque le TOC s’installe autour de la moralité, certaines règles peuvent progressivement devenir très rigides.

« Je dois toujours dire toute la vérité. », « Je ne dois jamais blesser quelqu’un. », « Une bonne personne ne devrait pas avoir ce genre de pensée. », « Si j’ai fait quelque chose de mal, même involontairement, je dois être certain de l’avoir réparé. »

Le problème est que la vie réelle permet rarement d’obtenir cette perfection.

Nous pouvons être maladroits, nous tromper, ressentir de la colère, oublier quelque chose, avoir une pensée désagréable ou prendre une décision qui ne plaît pas à tout le monde. Il existe également beaucoup de situations dans lesquelles il n’y a pas une seule réponse parfaitement « bonne ».

Mais lorsque le TOC intervient, cette part d’incertitude peut devenir très difficile à supporter.

Vérifier encore et encore si vous avez bien agi

Pour faire disparaître ce doute, vous pouvez alors commencer à vérifier.

Vous pouvez également demander à un proche : « Tu trouves que ce que j’ai fait est grave ? », « Tu penses que je suis quelqu’un de mauvais ? »

Chez certaines personnes, cela passe aussi par le besoin de tout raconter ou de « confesser » une pensée, un souvenir ou un comportement à leur conjoint ou à des proches afin de ne surtout rien cacher.

D’autres évitent certaines situations, par peur de faire un mauvais choix ou de commettre une faute.

Ces comportements peuvent apporter un soulagement sur le moment. Mais ils peuvent aussi entretenir le problème : plus vous cherchez à obtenir la preuve définitive que vous êtes quelqu’un de bien, plus la question devient importante et plus vous ressentez le besoin de la résoudre à nouveau.

Culpabiliser ne signifie pas forcément avoir fait quelque chose de mal

La culpabilité peut être particulièrement trompeuse dans ce type de TOC.

Vous pouvez ressentir une culpabilité très forte simplement parce qu’une pensée ou un doute vous paraît contraire à vos valeurs.

La tentation est alors de conclure : « Si je me sens aussi coupable, c’est probablement qu’il y a une raison. »

Pourtant, une émotion n’est pas une preuve.

C’est aussi pour cette raison que ces obsessions peuvent être particulièrement difficiles à laisser passer.

Le travail thérapeutique ne consiste pas à prouver que vous êtes une bonne personne

Lorsqu’une personne consulte pour ce type de difficultés, l’objectif n’est pas de répondre définitivement à la question : « Suis-je quelqu’un de bien ? »

Ce serait continuer à chercher la certitude que le TOC réclame.

En TCC, le travail consiste plutôt à repérer les moments où le doute apparaît, les vérifications qui suivent et la manière dont elles entretiennent le cycle.

Cela ne signifie pas renoncer à vos valeurs.

Au contraire, il s’agit progressivement de faire des choix en fonction de ce qui compte réellement pour vous, plutôt que dans le seul but de faire disparaître la culpabilité ou le doute.

Quand demander de l’aide ?

Il est normal de se questionner parfois sur ses actes, de regretter une parole ou de réfléchir à la manière dont on souhaite se comporter avec les autres.

En revanche, lorsque ces questions reviennent constamment, occupent une grande partie de votre temps, entraînent des vérifications, des demandes de réassurance ou des évitements, un accompagnement peut être utile.

La TCC, notamment le travail sur les compulsions et l’exposition avec prévention de la réponse, peut aider à modifier progressivement cette manière de répondre au doute.

Je propose un premier échange de 20 minutes gratuit afin de faire le point sur ce que vous vivez et de voir si un accompagnement peut correspondre à vos besoins.

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